Je ne suis pas expert en soustoitologie, mais puisque n'importe quel présentateur d'émission de divertissement s'autorise à donner son avis sur le sujet, je peux bien donner le mien en public.
Il se trouve que j'habite dans l'une de ces maisons construites il y a 60 ans pour les classes populaires en ascension sociale, disposant juste ce qu'il fallait pour accéder au crédit immobilier.
Maison mi-individuelle, mi-collective puisqu'elle est accolée à d'autres maisons relativement semblables. La bonne idée était qu'elles ne le soient pas exactement, évitant ainsi de donner à l'ensemble l'apparence des maisons ouvrières que l'on trouvait dans les cités minières ou industrielles et dans lesquelles les employeurs logeaient leurs salariés à proximité de leur lieu de travail.
Ne pouvant gagner de surface en largeur (mitoyenneté oblige), les propriétaires de ces maisons ont presque tous investi le désormais fameux "dessous des toits", pour gagner une pièce en plus. Évidemment, l'isolation laisse à désirer, puisqu'à l'origine, c'était justement ce dessous des toits qui servait (et sert encore) à isoler thermiquement les étages inférieurs.
Et il le fait si bien, encore aujourd'hui, que la climatisation est totalement inutile dans ce lotissement : chaque maison tient chaud à ses voisines, en hiver, et frais en été. A une exception près, bien sûr : les voisins des deux bouts du lotissement, qui envisagent sérieusement de faire isoler par l'extérieur leur mur aveugle qui clôt la copropriété.
(Notons qu'il serait assez légitime que la dite copropriété finance une partie de leurs travaux puisque nous profitons tous des externalités positives émises par leur simple présence en "bout" d'immeuble. Mais je ferme vite la parenthèse avant que mes voisins tombent -et me tombent- dessus).
De toute manière, l'installation de pompes à chaleur est impossible en raison de la promiscuité des extérieurs qui empêche que les machineries soient à distance suffisante du voisinage. Mais j'insiste : dans les étages inférieurs il fait largement assez frais pour supporter les épisodes caniculaires.
En revanche, sous les toits, personne n'y va en ce moment. Dans cette étuve, la température s'amuse à frôler les 50 degrés avec peu d'humidité : il y a tout juste de quoi faire quelques séances de sauna à moindre frais.
L'ironie de la chose, c'est qu'en raison de la bulle immobilière, ce logement appartient à un couple de cadres sans autre ambition immobilière que d'avoir un petit chez soi qui permette de ne pas prendre plus que sa part : un carré de verdure de 60m2 nous suffit largement, et on profite du "dessous du toit" la majeure partie de l'année, quand une météo tempérée nous l'autorise.
Voilà. Je suis donc assez bien placé pour compatir avec ces habitants d'un nouveau genre, dont la nouvelle appellation créée par Yann Barthès n'est pas sans rappeler les gens d'en-bas (de l'escalier), ces monstres à peine humains coincés dans les sous-sols des maisons de film d'épouvante.
Les gens sous les toits font-ils peur aux honnêtes gens ?
Une sortie de Yann Barthès dans son émission du 23 juin 2026 m'a inspiré ce billet d'humeur, inspiré des films d'horreur de ma jeunesse...
Droits réservés : "People under the stairs" de Wes Craven (1991)