Les femmes du monde entier veulent moins d'enfants : et si c'était une excellente nouvelle ?

Excellente nouvelle : les françaises font à nouveau moins d'enfants !

Ce retour à une faible fécondité nous ramènera-t-il à l'époque où les femmes s'arrangeaient déjà pour "frauder" pour ne pas être enceintes trop souvent ? Fin XIX° siècle, un grand nombre d'entre elles le payaient de leur vie par des avortements, voire des stérilisations, que Zola a décrit à sa manière extrêmement crue et documentée (1).

Non. De nos jours, en France, malgré certaines situations précaires encore très douloureuses, la baisse de la natalité s'accompagne d'une maîtrise plutôt apaisée de la fécondité, même s'il est très regrettable que celle-ci pèse très souvent, voire quasi exclusivement, sur les épaules des femmes.

Aux dernières nouvelles, dans les générations de femmes qui sont arrivées à l'âge de la ménopause, il n'y a pas plus de 15 % d'entre elles qui n'ont pas eu d'enfants du tout. À la fin du XIXe siècle, ce taux était de 25 %.

Les affolés de l'hiver démographique nous annoncent une disparition des naissances qui n'arrivera jamais. Il s'agit clairement de créer une panique morale dont on connaît très bien les motivations : la principale reste tout de même de trouver comment ne pas sombrer dans le déclin économique qu'entraînerait une baisse progressive de la population active, en évitant à tout prix d'avoir recours à la population étrangère.

À quoi s'ajoute la peur que les dites populations d'origine étrangère déjà présentes sur notre territoire s'obstinent à faire plus d'enfants que les femmes "du cru".

Sans parler de ceux qui rêvent du temps béni où les hommes avaient la main sur la fécondité des femmes, un vieux rêve patriarcal magistralement démonté par Françoise Héritier dans "Féminin/masculin I et II".

Il est, à vrai dire, tout à fait regrettable que les écolos décroissancistes ne se fassent pas les portes drapeaux de la décroissance démographique. Car, outre le fait que c'est l'un des meilleurs moyens d'en finir avec la croissance, c'est bien celle-ci qui va nous obliger à trouver les moyens de partager des ressources en quantité de moins en moins importantes plutôt que de chercher obstinément à les produire nous-mêmes ou à les importer.

On les entend si souvent se positionner contre les thèses malthusiennes pour dire qu'il n'y a pas trop d'enfants sur terre, mais seulement trop d'enfants dans les pays riches, que maintenant que s'ouvre cette perspective réjouissante on se demande bien ce qui les empêche de s'en réjouir...

A moins qu'ils rejoignent, sans oser le dire, tous les souverainistes obsédés par l'idée d'augmenter les effectifs d'une population française qui (re)partirait à la conquête du monde. Tout le monde rêve de bons petits soldats pour agrandir son armée. Même les marxistes.

Mais ce sont les femmes qui décident, même après consultation de leur conjoint. Et désormais, si elles ne sont pas plus nombreuses à ne plus vouloir d'enfant du tout, elles en veulent moins.

Qui le leur reprochera ?

(1) Cf. "Fécondité" de Zola (1899)

  • “L'important, c'est ce qu'on va faire du temps qui reste” Gandalf, Lord of the Rings, JRR Tolkien