"Faut-il arrêter de faire des enfants pour sauver la planète ?" d'Emmanuel Pont (texte incomplet, à finir)

De la nuance entre faire moins d'enfants et faire des enfants "en moins", comme si on tuait des enfants à naître.

Un débat assez délicat se développe depuis l'assassinat de Charlie Kirk : une incitation à mal agir est-elle aussi condamnable que le passage à l'acte ?

Car si celui qui tue n'était pas plus responsable que celui qui l'a poussé à tuer, il ne serait pas si grave de tuer quelqu'un qui pousse au crime : ce serait comme un acte de légitime défense. On mettrait hors d'état de nuire un individu dangereux. C'est ainsi que raisonnent certaines personnes anti-fascistes.

En France, si l'incitation à la haine raciale est condamnable, elle ne l'est pas autant que le crime raciste, et c'est bien normal. Tout comme celui qui prêche l'altruisme reste moins admirable que celui qui fait un acte altruiste.

Tout ceci se complique si on prend un acte dont on ne sait pas trop si les conséquences sont positives ou négatives : comme faire beaucoup d'enfants.

(Précisons que procréer n'est ni condamnable ni admirable, car c'est un comportement irrépressible. Seul le nombre d'enfants que l'on fait est discutable).

Intéressons-nous donc au fait de faire "plus d'enfants" que le nombre qui permet de reproduire l'espèce humaine. Certains trouvent cela admirable car ça dynamise une société et stimule sa croissance. D'autres trouvent cela irresponsable voire dangereux car cette croissance tue.

On remarquera que depuis Malthus, tous ceux qui encouragent la réduction de la natalité sont jugés comme presque aussi criminels que ceux qui passeraient à l'acte pour réduire la population. En d'autres mots, ils sont presque aussi coupables que des gens qui tueraient des gosses.

Ainsi, dans sont essai anti-malthusien, Emmanuel Pont utilisait l'expression faire "un enfant de moins" au lieu de faire "moins d'enfants" (p.230, deux fois de suite). Faire un enfant "de moins", c'est "éliminer" un potentiel enfant, alors que faire "moins d'enfants", c'est en faire quand même. Mais moins.

Or, non seulement les gens qui alertent depuis plus de 60 ans sur la question démographique ne peuvent pas être accusés de vouloir "éliminer" qui que ce soit, mais leur préoccupation de sauver certains humains et non-humains d'une mort certaine en font des gens porteurs de bonnes intentions.

Du coup, si mon raisonnement se tient, les institutions qui poussent à la natalité depuis 60 ans dans notre pays portent une certaine part de responsabilité, même si elle n'est pas aussi grande que si elles avaient détruit elles-mêmes la biodiversité et le vivant. Pourtant, dans la logique radicale des anti-malthusiens, leur responsabilité devrait être considérée comme aussi grande.

Or, ironiquement, c'est dans le camp de ceux qui font du fascisme verbal un comportement aussi dangereux que les crimes fascistes, que l'on refusera de mettre sur le même plan l'incitation à la surnatalité et la surconsommation des ressources non renouvelables ou la destruction du vivant.

Reste une seule échappatoire pour les anti-malthusiens de gauche : la condamnation claire et radicale de tout discours incitant à l'enrichissement.

  • “L'important, c'est ce qu'on va faire du temps qui reste” Gandalf, Lord of the Rings, JRR Tolkien