i Cf. Le français va très bien, merci, Collectif « Les linguistes attérés », Collection Tracts (n° 49), Gallimard, 2023.
ii Les structures fondamentales des sociétés humaines, Bernard Lahire, Ed. La découverte, 2023.
iii On peut aussi rapprocher notre démarche de celle de Laurent Testot et de son « histoire environnementale de l'humanité », avec lequel nous partageons des hypothèses communes. Cf. Cataclysmes, Petite bibliothèque Payot, 2017.
iv Lefèvre T., Renaud F., Selosse M.-A., Thomas F. (2010). Chapitre 14, Évolution des interactions entre espèces, in F. Thomas, T. Lefèvre & M. Raymond (ed.), Biologie évolutive, p. 555-653. De Boeck, Paris.
v Il existe de nombreuses formes « mortes » de la culture, comme en témoignent les langues dites « mortes » et pourtant encore étudiées dans des groupes restreints d'érudits. Le souvenir ou la mémoire d'une culture peut rester forte, cependant, par ceux qui l'auraient approchée dans leur enfance. A l'autre extrémité des états de la culture morte, on trouverait les cultures totalement oubliées dont il ne reste pas la moindre trace.
vi Selon le dictionnaire Larousse, l'acculturation est la « modification des modèles culturels de base de deux ou plusieurs groupes d'individus, de deux ou plusieurs ethnies distinctes, résultant du contact direct et continu de leurs cultures différentes ».
vii Voir à ce sujet l'excellente analyse de la « métaphore de la contagion » à propos de la réaction du « libéralisme » face au « postmodernisme » des penseurs du wokisme. Pour le dire simplement, une grande partie de la critique anti-woke analyse son succès comme une « infection » venue « contaminer » les esprits épris de justice sociale et de défense des minorités. Lire Déconstruire, reconstruire, la querelle du woke, P. Forest, Ed. Gallimard, 2020 pp.80-81.
viii Les conditions de réception d'une culture ne sont pas étudiées dans cet article mais serait un champ d'étude très utile pour faire progresser l'écologie de la culture ;
ix La critique de la métaphore de la contagion est fondamentale car nous ne sommes pas à l'abri d'une critique radicale des socio-historiens qui refusent la moindre naturalisation du social depuis les travaux de Malthus. Ils pourraient nous reprocher de faire le jeu de telles critiques très présentes dans les milieux xénophobes. Mais les métaphores naturalistes des partisans du « grand remplacement » n'ont rien à voir avec une approche rigoureuse des faits sociaux selon une logique empruntée aux sciences naturelles. D'ailleurs, contrairement à notre propre analyse, qui s'en écarte radicalement, on remarquera que les tenants de la contamination par des cultures étrangères sont obsédés par la logique parasitaire, telles qu'elle a été développée depuis fort longtemps dans les œuvres de science-fiction pour servir de métaphore à l'invasion culturelle des sociétés occidentales par les idées séditieuses du bloc communiste. Voir à titre d'illustration Body snatchers, L'invasion des profanateurs, un roman de Jack Finney paru en 1955 et adapté trois fois au cinéma ; ou la série télévisée « Les envahisseurs » dont le héros Jack Vincent cherche inlassablement à identifier les humains qui auraient été contaminés par des extra-terrestres mal intentionnés.
x On trouvera l'exemple de telles stratégies d'acculturation volontariste dans Enfances de classes, De l'inégalité parmi les enfants, sous la direction de Bernard Lahire, Seuil, 2019. Voir, en particulier, le cas de la petite Mathilde, pp.819-1067.
xi « Aéroport : non-lieu ou point d'ancrage du Monde ? » par Jean-Baptiste Fretigny, Dictionnaire critique de la mondialisation, 2012, pp.30-35. Consultable en ligne à l'adresse https://shs.hal.science/halshs-00807195.
xii « De quelques considérations sur la notion d'éclectisme culturel » par Fabien Granjon et Armelle Bergé, dans Les Enjeux de l'information et de la communication 2005/1 (Volume 2005), pages 55 à 65
xiii Jean-Pierre Bacri a fourni un archétype de l'artiste ouvert à toutes les formes musicales, y compris les plus éloignées de sa culture légitime. https://www.telerama.fr/radio/podcast-sur-nova-jean-pierre-bacri-connaissait-la-musique-6809687.php
xiv De ce point de vue, certaines religions, et en particulier l'Islam, cultivent l'idée que leurs racines sont si lointaines qu'elles ne sauraient subir l'influence d'une autre culture concurrente. Cette idée selon laquelle une culture pourrait traverser les siècles sans subir de mutation, même mineur, est un récit parfaitement contredit par les études historiques de la religion, même si le Coran peut en partie, être considéré comme un texte relativement à l'abri des évolutions des sociétés qu'il a traversées. Mais l'Islam saura s'adapter aux évolutions environnementales futures, ou s'il ne le fait pas, déclinera comme toutes les religions qui ont tenté de s'y opposer.
xv De façon symptomatique, on rappelera que l'étude de la culture comme notion de sociologie a disparu des programme de Sciences Economiques et Sociales, dans les lycées, depuis 2011. Sa réintégration serait pourtant salutaire à bien des égards.
xvi Il est symptomatique qu'il existe désormais un Culture Day, promu par l'ONU, qui vise à faire la promotion des cultures et de l'entente entre les peuples. C'est sans doute le symptome que les cultures se sentent en danger de disparition par symbiose généralisée et en raison des adaptations individuelles qui les diluent les unes dans les autres.
xvii Konrad Lorenz, L'agression, Une histoire naturelle du mal, Champs Sciences, 1° édition 1963.
xviii La défense est de surcroit l'une des 5 grandes propriétés du « vyvant », que Bernard Lahire ajoute aux quatre premières définies par Bartlett et Wong en 2010. On trouvera plus de précisions dans Vers une science sociale du vivant, Bernard Lahire, La découverte, 2025.