Ecrans, un désastre sanitaire. Il est encore temps d'agir

Un essai qui m'a convaincu de me lancer dans la bataille de la guerre aux écrans chez les jeunes. Un combat qui mettra du temps. Mais il a fallu 25 ans pour bannir définitivement l'alcool dans les établissements scolaires. Donc il ne faut pas se décourager.

1956 : L'école publique, gratuite, laïque et obligatoire a déjà 70 ans.

Ce n'est pourtant que cette année là que l'on interdit l'alcool dans les cantines. Cette substance addictive est connue pour les ravages sanitaires et sociaux qu'elle provoque.

Mais on y va doucement. Surtout ne pas fâcher les producteurs et ne pas menacer l'emploi vinicole. Alors l'alcool est interdit mais juste aux moins de 14 ans. Les grands sont capables de maîtriser leur consommation, paraît-il.

Il faudra attendre 1981 pour qu'on interdise l'alcool à tous les mineurs dans les cantines scolaires. On est presque un siècle après l'instauration de la scolarité obligatoire.

Actuellement, nous sommes 25 ans après la naissance d'un produit dont l'usage est reconnu comme addictif et dont les conséquences sanitaires sont largement documentées.

Il s'agit des smartphones. Servane Mouton, qui a présidé la Commission Écrans au printemps 2024, tire un bilan complet et implacable des méfaits de cette technologie multifacettes qui abime nos enfants, notre environnement, et qui menace purement et simplement les conditions d'apprentissage et d'épanouissement psycho-affectif des jeunes générations.

Avec l'association Education Numérique Raisonnée (ENR), nous agissons pour tenir les enfants à l'abri de ces outils technologiques dont la puissance d'attraction est irrésistible.

Nous plaidons, bien sûr, pour un droit à la déconnexion de tous, en particulier aux moments les plus importants de la vie sociale, affective et pédagogique : au réveil, aux repas, en classe et avant de dormir. Mais nous demandons aussi que le législateur cesse de tergiverser autour des bienfaits supposés du numérique, qu'aucune étude sérieuse n'a encore validés, alors que celles sur les dégâts sanitaires sont chaque jour plus alarmantes.

Il faut interdire les téléphones aux enfants. Et cesser de s'en servir en leur présence pour éviter qu'ils interfèrent dans la relation qui nous lie à eux et qui les aide à se construire (et nous aide à jouer pleinement notre rôle de tuteur/tutrice).

Si vous partagez nos inquiétudes et si vous refusez qu'on attende un siècle pour réagir, rejoignez-nous. Faites lire et connaître autour de vous le tract de Servane Mouton. Interpellez vos élus pour qu'ils mettent la légitimité du suffrage universel au service de tous les parents, les éducateurs et les professionnels de santé, afin de réduire par la loi l'usage des téléphones à leur simple expression d'outil de distraction numérique.

Ce sera difficile. Car la maîtrise des processus de captation de l'attention sont parfaitement maîtrisés par les professionnels des technologies de la communication. Nous ne sommes armés, pour notre part, que de la certitude de mener un combat essentiel. Il faut nous emparer de notre légitimité démocratique croissante pour remettre ce fléau numérique à la place qu'il n'aurait jamais dû quitter : celui d'un gadget qui ne mérite pas qu'on sacrifie nos enfants pour des plaisirs minuscules et éphémères.

  • “L'important, c'est ce qu'on va faire du temps qui reste” Gandalf, Lord of the Rings, JRR Tolkien