Panne d'inspiration... Ce n'est pas parce qu'on a rien à dire qu'il ne faut plus écrire.

Rien. Nada. Que dalle. La panne sèche d'inspiration.

J'ai beau chercher, je ne vois pas de quoi je pourrais bien parler ce matin.

Rien. Nada. Que dalle.

La panne sèche d'inspiration.

J'ai beau chercher, je ne vois pas de quoi je pourrais bien parler ce matin.

Avant, ça se bousculait dans ma tête, un sujet chassait l'autre. Et ça tombait bien parce que sur les réseaux, chaque post tue le précèdent.

C'est peut-être ce qui commence à me lasser un peu, cette obsolescence accélérée de la pensée. J'ai peut-être eu tort, ce weekend, de refaire le tour de mes posts parus l'année dernière. C'est souvent dangereux, la nostalgie.

J'ai retrouvé des textes formidables de moins de six mois dont j'avais déjà oublié l'existence. C'est donc moi qui avait écrit ça ? À quoi bon, si moi-même je les ai déjà oubliés ? Était-ce bien utile de produire tant de textes éphémères ? Est-ce que ça sert à quelqu'un de me lire ?

Certes, le bon côté de l'exercice, c'est la gymnastique cérébrale. Pondre des paragraphes argumentés comme on fait des mots fléchés. J'adore les mots fléchés. Je m'y suis remis assidûment depuis le décès de mes parents. C'est peut-être pour ça que je n'ai plus rien à penser.

A moins que ce soit leur départ rapide, qui soit en cause. Est-ce que je n'écrivais pas un peu pour eux, au fond ? Est-ce que ces textes postés ne leurs étaient pas exclusivement destinés ? Trouver un truc à dire qui attire leur attention, leur regard, qui les rendent fiers de moi, comme quand j'étais gamin. C'était une vraie motivation, ça... Il faudrait que je retrouve des gens pour qui écrire. Ça ne sert à rien, de s'écrire à soi-même. Ça ne produit que des posts vides et creux, un peu comme celui-ci...

Il y aussi la folie guerrière du monde, qui me stérilise totalement. Mon impuissance face à cette société malade, mourante, qui se gargarise pourtant de l'urgence qu'il y aurait à se préparer à faire la guerre. Ça me laisse sans voix.

Mon impuissance à attirer l'attention de mes contemporains sur les problèmes de nos économies et l'inconscience de nos économistes devient patente, concrète. Je n'arrive plus à convaincre quiconque que ce monde est fou, que les promesses de richesses sont des promesses de mort. Tout ça se concrétise par mon incapacité à produire plus de posts.

Si ça ne vient plus, tant pis. Je ne forcerai pas. J'aurais passé de bons moments à publier des billets d'humeur et à attirer l'attention de quelques milliers de personnes qui ignoraient tout de mon existence auparavant. J'aurais accumulé des pouces levés, des petits cœurs et quelques visages qui se marrent, à l'occasion.

J'aurais reçu quelques compliments, comme celui que je préfère : "Texte magnifiquement écrit". C'est assez excessif, comme jugement, mais ça me fait toujours plaisir. Ça me rappelle : "Ton texte est quand même drôlement bien fait". C'est ce que me disaient mes parents. Encore eux. Putain de nostalgie.

Remarquez, si je n'ai rien à dire et plus personne à qui écrire, je pourrais toujours essayer de jouer au gars qui fait des textes intéressants même quand il ne sait plus de quoi ou à qui parler.

Je crois que je tiens une idée, là...

  • “L'important, c'est ce qu'on va faire du temps qui reste” Gandalf, Lord of the Rings, JRR Tolkien